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<title>My name is Nobody</title>
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<subtitle>My name is Nobody</subtitle>
<updated>2009-11-06T12:20:35+01:00</updated>
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<name>Jonas Steinway</name>
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<title>Pas de risque</title>
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<updated>2009-11-06T12:14:06+01:00</updated>
<published>2009-03-29T17:17:00+02:00</published>
<summary>   - Quelles grandes enjambées! J'ai l'impression de marcher avec mon père....</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Quelles grandes enjambées! J'ai l'impression de marcher avec mon père.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Ça ne me dérange pas du tout, d'être ton père. Viens dans mes bras, ma petite fille.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Oh non! Arrête! En plus, j'étais très amoureuse de mon père.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Ça ne me dérange pas non plus, que tu sois très amoureuse de moi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Il n'y a pas de risque.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- Tout va bien, donc. Aucun danger d'inceste.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Jonas Steinway</name>
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<title>Ici à présent</title>
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<updated>2009-11-06T12:15:16+01:00</updated>
<published>2009-03-29T13:51:00+02:00</published>
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<summary>   &quot;- Nous sommes ici à présent.       - D'accord. Nous sommes ici. Ici. Où...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&quot;- Nous sommes ici à présent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;- D'accord. Nous sommes ici. Ici. Où nous sommes. Ici. Oh, ici, si bon, si bien, si délicieux dans la nuit. Ici, tellement bien, tellement délicieux, tellement merveilleux. Si délicieux dans la nuit. Dans la nuit délicieuse. Ecoute ici, moi, s'il-te-plaît. Oh, très gentil ici très gentil s'il-te-plaît doucement s'il-te-plaît s'il-te-plaît doucement merci doucement oh dans la nuit délicieuse.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;E. Hemingway, &lt;i&gt;L'étrange contrée&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Jonas Steinway</name>
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<title>Lumière</title>
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<updated>2009-11-06T12:16:13+01:00</updated>
<published>2009-02-07T11:50:00+01:00</published>
<summary>   Je suis sorti. On voyait les étoiles et il y avait du vent. Je rentre, je...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Je suis sorti. On voyait les étoiles et il y avait du vent. Je rentre, je rouvre le portable, j’écris que c’est la nuit. Au-delà, d’abord, on ne voit rien et il n’y a rien à voir que le salon vide plongé dans le noir et le silence, et ma présence, il me semble, face à l’écran (ce n’est pas tout à fait ça). — «Les voix du monde s’espacent et se dissipent.» — Voilà. Le noir et le silence augmentent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lumière. Je pourrais parler aussi de l’hiver dernier. J’écrivais la lumière. Non. Je vais plutôt parler de l’été dernier. Tout l’été dernier a lieu dans un cahier. Je l’appelle parfois le « cahier des lumières », parce que j’y ai noté chaque jour toutes les sortes de lumières. Il est là, près de moi, soixante pages denses griffées de bleu. Je ne me suis pas ennuyé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pas encore. Hiver dernier : je prenais des tas de trains : « Musique pour plus rien entendre, solitude, distance, échappée, à quoi, à la haine — la joie — bruit collectif voisin adolescent descendu — over — où sommes-nous, Soignies, non, Braine-le-Comte, Seigneur, ça me ramène loin. J’ai tout oublié. Soleil couchant, couché. Fermes dans les champs. Vieille lumière. Je ne parlerai plus d’autre chose. Stabat Mater dolorosa. Piste 1, à six minutes quatre secondes, cette légèreté dans la complainte — songe à étudier — la voix, donc, descend par petits sauts légers — et plus tard, dolentem — transmutation de la pure douleur, glaive lui transperçant le cœur, en joie pure, folle, légère, victoire aérienne — zone ferroviaire sud dans la lumière couchée, la ville arrive, les tours éparses à présent reposent — envie de singe, aveugle, sourd, muet, dans le noir — cependant la base de la Tour Sud baignée d’une inexplicable teinte saumon, dégradé vers le bleu, ciel bleu nuit — que je voudrais disparaître, ne plus me trouver nulle part, être caché de tout le monde et qu’on ne me parle plus, et ne plus rien avoir à faire, à dire, à préparer, à corriger, à supporter, plus d’explications, de justifications, plus de discussion »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cependant la nuit avance. L’espace du salon s’épaissit, en raison du silence et du noir. Lumière. Par exemple, cet autre moment : dire comment il arrive à présent : je fais la sieste — ou plutôt : je sens tout à coup revenir cette sieste très ancienne et très neuve, soleil dehors, lumière entrant par la fenêtre, lente infiltration, à travers les tissus, dans le noir interne, d’une nappe de sommeil, arrière des yeux, arrière du crâne ; voile du palais, gorge, vers les bronches, jouissance du souffle, de l’air, au bord de l’irritation. L’exercice consiste à se maintenir sur ce bord, garder suffisamment de conscience sans faire cesser le plaisir. En même temps : yeux fermés, sentir la lumière du dehors.&amp;nbsp; Je lève les yeux sur le salon. J’écoute. J’essaie d’atteindre le cœur de la nuit. Lumière. J’étais dans le parc au moment où les feuilles ont toutes ensemble leur jaune parfait juste avant de disparaître d’un coup, et le ciel son bleu absolu de novembre qu’on oublie toujours et qui revient toujours, voyant les allées, emmurées dans le pur jaune dentelé frissonnant, se disjoindre à partir de la fontaine (jet absent, le cercle de son bassin asséché, feuilles tombées) : points de fuite vers l’est et vers le sud, encadré derrière un voile d’espace dentelé, doré, aéré, on distingue le trafic, lointain, muet. Un éclat d’autobus passe rapidement. Fragments de ville au loin, dans le fond de ces deux galeries de jaune lumineux en plein ciel, allée est et allée sud : fond argenté de bitume et de métal glissant, lointains, silencieux, l’air est très brillant, je traverse le parc. Minuit passé. Lumière. Je revois un moment ce moment avant de descendre dans le métro : un arbre m’apparaît tout à coup, là, au coin de deux rues, il a encore ses feuilles, qui tomberont demain ou après-demain, ça dépend du vent qu’il fera, l’air est très calme et très brillant de nouveau, les branches se tiennent dans l’espace, bien nettes, imperceptiblement agitées, papillotant dans la lumière, un feuillage est infini, en voilà un qui, en ce mois de novembre deux mille six, me fait signe, à moi, du fond du temps, d’un autre temps, m’indiquant quelque chose, je pense : n’insulte pas le temps, je pense : voyons cette question, quoi maintenant, qu’est-ce qui va se passer, montrer l’illusion de la question, par exemple je peux dire, il ne va rien se passer, il ne s’est rien passé, nous sommes entre la chute et le jugement, après l’incarnation, la nativité, l’épiphanie, la transfiguration, la crucifixion, la résurrection, l’ascension, la pentecôte, l’assomption et le couronnement, qui se répètent ensemble à chaque milliseconde, par exemple dans la grande salle Rubens, au musée, juste après le parc, à Bruxelles, mais ce n’est qu'un exemple, il suffit de s’y ballader, c’est simple comme bonjour, à gauche assomption bleue, à droite couronnement rose-jaune, sur le mur de droite, montée oblique au calvaire encombrée de corps épais et d’un gros cheval cabré, et derrière, saint Antoine implore la miséricorde pour le globe devant Jésus courroucé, planant, brandissant ses foudres, l’arrière-plan, à gauche, montre une ville incendiée, Troie, Rome mis à sac en 1527 par les troupes de Charles Quint, Anvers dévasté sous Philippe II, en 1585, par le duc de Parme, grâce à qui en principe nous sommes encore ici en terre catholique, Pays-Bas espagnols mal guéris de s’être pliés par la force, dans le sang et les flammes, d’être restés fidèles contre leur gré à Rome via Madrid, vieille maladie honteuse dont Rubens témoigne négativement, c’est-à-dire par sa glorieuse santé puissamment catholique, absolument positive, Triomphe de l’Eucharistie, Victoire de saint Michel sur les anges rebelles, Victoire d’Athéna sur la bêtise, c’est le même tableau n’est-ce pas ?, et là, dans la salle du musée de Bruxelles, il pense ensemble le détail dramatique, vieux sol incendié, pillé, dévasté, et l’ensemble monotone menacé par la sainte foudre, heureusement Antoine s’interpose, il y a aussi la Vierge Marie, à droite du Christ-Zeus vengeur, elle lui montre son sein dénudé, mon petit bébé, ne sois donc pas si méchant, pardonne à ces pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de leur mort maintenant, viens plutôt téter chez maman, voyez comme Rubens a perçu l’ennuyeuse terre globalisée, sa pollution, son urbanisation, sa population, son uniformisation, tout est dans la couleur, mi-brun-vert terreux caca d’oie, mi-gris de plomb, grosse petite boule merdeuse enlacée par le vieux serpent de même couleur, entre faute et jugement, d’ici là poursuite du vent, passage des nuages, incompréhensible immobilité mobile d’un feuillage tendu et détendu et infiniment plié et déployé, avec facilité, grâce, légèreté, vu un moment au fond du temps dans l’air brusquement léger, transparent, brillant, ainsi sauve-toi et le ciel te sauvera, envoie le reste au diable ou plutôt laisse le s’y vouer tout seul, c’est comme ça depuis toujours, jamais eu d’illusion sur le monde, nous ne sommes pas au monde, mon royaume n’est pas de ce monde, même si je ne déteste pas m’y tremper un peu, par exemple dans un ventre de femme, comme je viens de le faire tandis qu’elle me dit avec sa voix tout à coup&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>C’est ça qu’on habite</title>
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<updated>2009-11-06T12:17:15+01:00</updated>
<published>2009-01-27T10:27:00+01:00</published>
<summary>   J’interroge M. Fa. Eh bien, dit-il, voyez-vous, tout le monde a...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;J’interroge M. Fa. Eh bien, dit-il, voyez-vous, tout le monde a l’impression qu’on fonce droit dans un mur, non ? — C’est vrai. Hier, chez un antiquaire, j’ai entendu une femme dire, à propos de tableaux hollandais qui montraient du patinage sur les canaux, qu’ils seraient de plus en plus rares, avec le réchauffement climatique. — Ha ! Bref rire éclatant. Mais cela dit, personne ne voit qu’on y est déjà. — Où donc ? — Mais dans le mur ! Qu’on vit dedans ! En pleine percussion ! En pleine collision ! C’est ça qu’on habite. — L’entrée dans le mur ? — Tout à fait ! L'explosion à fond de train !&amp;nbsp; Au ralenti ! Ou se répétant à chaque seconde ! S’aggravant bien sûr, si c’est possible ! Là-dessus, je vous rappelle la méditation de Nazr’f Akkaf&amp;nbsp; (un soufi, très grand théologien) : « Il est vrai que l’expulsion du Paradis est définitive, que la vie en ce monde est inéluctable, mais l’éternité de l’événement rend malgré tout possible que non seulement nous puissions continuellement rester au Paradis, mais que nous y soyons continuellement, peu importe que nous le sachions ou non ici. » — Ouh ! Quelle tirade ! Un soufi, maintenant ! Mais où allez-vous chercher tous ces types-là ? D’autant que ces notions vous sont étrangères, non ? — Effets secondaires imprévus de la mondialisation, dit M. Fa, en ajoutant : Essayez à présent de penser tout ça ensemble... — Ces deux mouvements ? Vous voulez dire qu’on entre et qu’on sort en même temps ? Paradis, fin des temps ? À la fois ? Au même instant ? — Au même éternel instant. — Et le monde ? — Le monde ? Foutu. Vous pouvez disposer. — L’Europe ? La France ? — Aussi foutues que des vieilles chaussettes, dit gaiement M. Fa. — Tiens, ça me rappelle Éguelle… — Qui ? —&amp;nbsp; Éguelle, un couturier français. Il disait qu’une chaussette déchirée valait mieux qu’une chaussette reprisée. En ceci que la chaussette déchirée permet de trouver l’essence de la chaussette. — Pas bête. C’est une observation très concrète. C’était un bon couturier ? — Il habillait l’armée de Napoléon. Ils ont eu un peu froid, à un moment donné…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>L'insurrection qui vient</title>
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<updated>2009-11-06T12:17:50+01:00</updated>
<published>2009-01-06T17:02:00+01:00</published>
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<summary>   « Le dernier point de l’illusion, en matière d’Etat, est une espèce de...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;« Le dernier point de l’illusion, en matière d’Etat, est une espèce de léthargie, qui n’arrive jamais qu’après de grands symptômes. Le renversement des anciennes lois, l’anéantissement de ce milieu qu’elles ont posé entre les peuples et les rois, l’établissement de l’autorité purement et absolument despotique, sont ceux qui ont jeté ordinairement la France dans les convulsions dans lesquelles nos pères l’ont vue. Le cardinal de Richelieu la vint traiter comme un empirique, avec des remèdes violents, qui lui firent paraître de la force, mais une force d’agitation qui en épuisa le corps et les parties. Le cardinal Mazarin, comme un médecin très inexpérimenté, ne connut point son abattement. Il ne le soutint point par les secrets chimiques de son prédécesseur ; il continua de l’affaiblir par des saignées : elle tomba en léthargie, et il fut assez malhabile pour prendre ce faux repos pour une véritable santé. Les provinces, abandonnées à la rapine des surintendants, demeuraient abattues et assoupies sous la pesanteur de leurs maux, que les secousses qu’elles s’étaient données de temps en temps, sous le cardinal de Richelieu, n’avaient fait qu’augmenter et qu’aigrir. Les parlements, qui avaient tout fraîchement gémi sous sa tyrannie, étaient comme insensibles aux misères présentes par la mémoire encore trop vive et trop récente des passées. Les grands, qui pour la plupart avaient été chassés du royaume, s’endormaient paresseusement dans leurs lits, qu’ils avaient été ravis de retrouver. Si cette indolence générale eût été ménagée, l’assoupissement eût peut-être duré plus longtemps, mais comme le médecin ne le prenait que pour un doux sommeil, il n’y fit aucun remède. Le mal s’aigrit ; la tête s’éveilla : Paris se sentit, poussa des soupirs ; l’on n’en fit point de cas : il tomba en frénésie. Venons au détail. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Retz, &lt;i&gt;Mémoires&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Note sur le mensonge</title>
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<updated>2009-11-06T12:18:44+01:00</updated>
<published>2009-01-02T09:23:00+01:00</published>
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<summary>   (mardi 10 juin 2008)                Note sur le mensonge        Elle a une...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;(mardi 10 juin 2008)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;i&gt;Note sur le mensonge&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Elle a une curieuse façon de mentir : pour ne pas dire des choses vraies, elle dit des choses exactes. C’est très efficace.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;i&gt;Au vin&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;On se dispute au sujet d’une bouteille de vin blanc. C'est très puéril et très grave. «J’en veux pas, de ton vinaigre, de ton poison, de ton vin de trahison !» — Puis on se réconcilie, on décide de le boire quand même, je me sens tout à coup d’humeur chantante et à écouter quelque chose de gai. Sans réfléchir je mets le finale de &lt;i&gt;don Giovanni&lt;/i&gt;, que j’écoute tout le temps ces jours-ci, puis j'ouvre la bouteille. Quand on lève nos verres, je dis, en bonne logique, « Au vin ! », on se sourit, et à ce moment précis on entend chanter :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;Vivan le femmine ! &lt;br /&gt; Viva il buon vino ! &lt;br /&gt; Sostegno e gloria &lt;br /&gt; D’umanità !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je pense que Mozart est là, et qu’il est content de son bon tour.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Il y a beaucoup de nuit</title>
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<published>2008-12-31T11:10:00+01:00</published>
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<summary>   (9 juin 2008)                Il y a beaucoup de nuit.  Le solstice d’été...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;(9 juin 2008)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;i&gt;Il y a beaucoup de nuit.&lt;/i&gt; Le solstice d’été approche, et pour moi il n’y a jamais eu autant de nuit. Ça fait très peu de temps que je fais vraiment connaissance avec la nuit — alors que les soirs, c’est une autre affaire, je les connais par cœur, je les étudie comme personne depuis toujours — avec sa profondeur, avec son silence, avec son indulgence infinie. Pourquoi pas avant ? Avant, je n’avais jamais eu réellement besoin d’apprendre à vivre. Prends-le comme il le faut : comme une grâce. L’autre nuit : très tard, juste avant l’aurore, les bois tout autour, les arbres immobiles, un oiseau chantait tout seul dans le noir, ça devait être un rossignol, et on entendait de temps en temps, de très loin, un animal qui soufflait, comme dans son sommeil, une vache ou quelque chose comme ça. Couché sur le banc contre le mur. Pas d’étoiles. Par quoi il faut en passer pour découvrir ça, par-delà l’infernale et risible comédie humaine, par-delà ma risible et abyssale connerie de pauvre humain perdu : une solitude extrême, une liberté insensée, le corps tout entier à l’extrême bord du temps, respiration calme, à l’état pur. .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;De même, il m’aura fallu onze ans, presque jour pour jour, pour comprendre ce poème. Onze ans pour comprendre le sens d’un &lt;i&gt;tiret&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Départ&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs. &lt;br /&gt; Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours. &lt;br /&gt; Assez connu. Les arrêts de la vie.&amp;nbsp; — Ô Rumeurs et Visions! &lt;br /&gt; Départ dans l'affection et le bruit neufs!&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; A.R.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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